Marionettistes…

Au hasard de la lecture de divers billets de blog hier, je tombais dans le Club Médiapart sur celui-ci, consacré à la tentative de réhabilitation de ce vieux collabo de Louis Renault :

http://blogs.mediapart.fr/edition/article/040711/de-la-rehabilitation-de-louis-renault-lindemnisation-de-ses-heritiers

Outre le fait que c’était de notoriété publique pendant la guerre, mes grand-parents normands faisant foi, on notera que ce qui a commencé comme une réhabilitation de la mémoire a très rapidement pris un tour plus orienté vers des compensations financières substantielles. C’est beau l’honneur familial.

Mais plus sérieusement, cela m’a amené à l’intéresser aux propos de Mme Lacroix-Riz, historienne de son état.
Et de tomber sur une conférence où celle-ci démonte beaucoup de mécanismes des années 30-40 et de l’après-guerre sous l’angle social et financier.

Le titre “La Choix de la Défaite” n’est pas anodin et m’a interpellé.
Quand on a un grand père qui a perdu sa jambe gauche au front en 40, à Abbeville, toute explication à “la drôle de guerre” est intéressante a priori.
Et là, c’est un choc.
Cette dame, après des années à éplucher des archives, démontre que la France a avalisé l’élection de Hitler, a vendu des tonnes de fer et d’aluminium à l’Allemagne dans les années 20-30, parce que ça fait marcher le commerce, a fait tout son possible pour ne pas se ré-armer en parallèle.
La France, pas exactement, une certaine élite financière et entrepreneuriale qui avait une très bonne opinion de Mussolini et Hitler, et de tous ces régimes qui font que la société est bien ordonnée : les ouvriers payés au minimum, les syndicats interdits, tout le monde à sa place, en somme.
Pire, tous ces gens qui se sont retrouvés à Vichy en 1940 ne s’y sont pas retrouvés par hasard…

En somme, lorsque feu mon grand-père vouait le Front Populaire une haine totale, le rendant responsable du fait que lui et ses compagnons d’infortune se soient retrouvés “devant les chars allemands avec un simple fusil et deux balles qui n’y rentraient même pas”, il se trompait de responsable.
Plus que l’angélisme d’un Blum, les intérêts présents et futurs des grand patrons et autres banquiers étaient sans doute à l’origine de cette situation.
Cela fait certes théorie du complot sur les bords, et l’on aimerait que ce soit faux de bout en bout, mais, à des “on sait que” sans sources, je préfèrerai toujours un travail basé sur des archives.
Et tout ceci me semble cruellement logique.

3h22 de conférence, c’est long, mais vraiment passionnant. Prenez le temps !!!

P.S. oui, je sais, c’est mieux les jolis liens intégrés, etc. Mais je ne sais pas pourquoi ce $µ^$%!”#&@ de blog ne veut pas me les faire aujourd’hui. Chien de blog capitaliste !

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Téléphone…

… messager de malheurs, t’étonnes-tu que je ne t’aime pas ?

Et je sais ce(ux) qui reste(nt) en suspens, je m’angoisse parfois à cette pensée, je frémis quand tu sonnes à des horaires inhabituels.

Je te sais capable de tout, et pourtant,  je suis toujours meurtris quand ton message de mort échoue chez moi.

Je me sais en perpétuel sursis.

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Une petite page de pub : du 30 avril au 18 juin, chaque samedi à 17h, audition d’orgue à ND du Taur, rue du Taur, Toulouse.

Outre que les programmes sont variés et originaux (notamment le premier concert : 4 mains, récitant et percussions pour une interprétation de Pierre et le Loup, ainsi que du Boléro de Ravel ! Si, si…).

Outre l’originalité des programmes, disais-je, outre la qualité des interprètes, il faut surtout dire qu’il s’agit là de la seconde série de concerts sur ce qui est un des plus beaux orgues de Toulouse !!!!

Trop négligé dans le cadre du festival Toulouse les Orgues ces dernières années, il est de nouveau mis en valeur par ces cycles de concert qui permettent d’apprécier la puissance et la poésie de ce chef d’oeuvre de la maison Puget.

(Oui, la maison Puget, ceux sur qui il était bien vu de taper pendant si longtemps, et qui une fois qu’on met de côté les préjugés nauséabonds s’avère avoir produit parmi les plus beaux instruments de la région ! Par exemple le défunt orgue de la cathédrale d’Albi : http://dermogloste.viabloga.com/news/le-grand-orgue-jean-baptiste-puget-de-la-metropole-d-albi )

L’entrée est libre, alors si vous passez, entrez donc écouter un peu, ou beaucoup !

(Mais en silence, hein, sinon, je tape !)

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Bonjour tout le monde !

Welcome to WordPress.com. This is your first post. Edit or delete it and start blogging!

Ici le Méchant Chimiste qui reprend les commandes de ce blog, et censure d’emblée ce genre de mièvreries automatiquement générées.

Ici, on n’est pas gentil, et on ne souhaite pas la bienvenue au gens.

Non, mais !!

(Quant au mois de Mars, j’espérais bien qu’il ne passe pas l’hiver, mais on ne peut jamais compter sur rien en ce bas monde… grumpf !)

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Télé-achat

- Bonjour Maryse !
- Bonjour Pierre !!
- Aujourd’hui, le Briques-à-brac du Méchant Chimiste accueille une émission-phare de notre ami Tambour Major : la nôtre, en toute modestie. Nul doute qu’il ne nous en voudras pas de cette infidélité.
- Oh, non, Pierre, Tambour Major est connu de par le monde pour la magnanimité !
- N’en faites pas trop, Maryse…
- Pardon…Erem… Alors, qu’allons-nous présenter aujourd’hui, cher Pierre ?
- Ça.
- …
- Je vois luire la lueur bovine de l’incompréhension dans votre œil globuleux, chère Maryse. Comme d’habitude, du reste. Eh bien non, ceci n’est pas un sonotone nouvelle génération, ni un appareil à lavements pour 3° âge avachi, non plus qu’un gaveur à autruches. Il s’agit d’un tromblon à pompe.
- Ah… Euh… Et à quoi que cela sert-il donc ???
- Je vois que vous êtes impressionnée, chère Maryse, vous en perdez votre français. Voyez-vous, il se trouve en ville un certain type de gros beauf que nous nommerons le beauf à chien. Et le beauf à chien, pour éviter que son avatar canin ne pollue sa moquette 100% pilou synthétique, sort son chien dans la rue chaque jour afin qu’il crotte ici où là. Plus souvent ici que là, de sorte que les déjections canines encombrent très souvent les trottoirs de nos quartiers.
Autant de motifs de vengeance quotidienne qui nous sautent à la figure et aux semelles.
- Mais où intervient ce magnifique… tromblon à piston ?
- à Pompe. Eh bien, voyez-vous, il s’agit de prendre le beauf à chien sur le fait, lorsque son sac à puces vient de se délester du produit de ses viscères au milieu de votre trottoir. Le beauf en question affecte alors un air détaché, "Non, vraiment, je ne vois pas ce qui cloche, allez vient pupuce, on rentre à la maison, il se fait tard", tout en trainant son sac à merde vers l’enfer domestique qui est certainement le sien. Cela ne lui aurait guère coûté de vidanger son chien dans le caniveau, mais non, c’est sans doute trop d’autorité à déployer pour lui.
- Mais où donc intervient votre tromblon à pompe, cher Pierre ? On ne va quand même pas fusiller chaque emmerdeur de trottoir urbain ? C’est illégal et ça ferait trop de travail…
- Oui, Maryse, tout à fait juste. Et puis cela engorgerait les cimetières et ferait des tas de pauvres chiens mal élevés orphelins. C’est donc là qu’intervient le tromblon magique ! Il suffit de pomper un peu avec la manivelle après avoir positionné la molette ici sur la position "dépression". Une fois le "clic" indiquant qu’il est armé, positionner l’ouverture au dessus du corps du délit canin. Appuyez sur la détente, et le délit en question est aspiré, comme par n’importe quelle moto-crotte ordinaire. Voyez plutôt ma démonstration avec cette tomate.
- Ah, oui, c’est épatant. Mais il s’agit donc de nettoyer derrière les autres ? Je ne vois pas la composante vengeresse, ni même pédagogique…
- C’est que ce n’est pas fini. Une fois chargé, on commute la molette sur "pression", et on repompe à bloc. Il ne suffit plus alors que d’ajuster le propriétaire du chien dans le viseur, de l’appeler – un simple "eh, ducon !" suffit en général à ce qu’il se reconnaisse- et de savourer, si j’ose dire, le spectacle qui suit dans la seconde.
- Mais encore ??? Je crains de comprendre…
- Eh bien oui, chère Maryse, l’emmerdeur de trottoir se retrouve instantanément retapissé par la merde grasse et chaude encore, que son malheureux clébard vient de produire. Et dire qu’il y en a pour payer fort cher des masques de boue…
- Ah, oui, je comprends mieux maintenant toute la portée de l’invention. On peut supposer qu’il prendra garde à garer dans le caniveau les déjections de son balais sans manche dorénavant.
- Eh voilà, ma chère, comment on pratique l’apprentissage par l’erreur. Quant au nettoyage du tromblon, il est simple, il suffit de reproduire ce cycle au dessus d’un baquet d’eau chaude javellisée. La vidange peut s’effectuer par la fenêtre au moment où votre voisin qui claque les portes au milieu de la nuit passe dans la rue. On joint alors l’utile à l’agréable.
- N’est-ce pas merveilleux ?
- Tout à fait, alors n’hésitez pas à commander ce superbe objet en acier inoxydable avec hublot en plexiglass (pour en vérifier le bon changement) qui sera du meilleur effet au dessus de votre cheminée ou dans votre porte-cannes. Et à bientôt pour de nouvelles inventions à but éducatif et défoulant !

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Lamentable

Tous les jours, je vais au laboratoire à vélo, le long du Canal du Midi.
On peut difficilement faire plus agréable, surtout en ces périodes estivales (l’hiver a son charme, qu’entament cependant la morsure du froid et les pluies occasionnelles…).
Sauf lorsqu’on croise un spécimen comme celui de vendredi dernier.
Du côté du port Saint Sauveur, près de la caserne des pompiers, je doublais une dame respectable qui lambinait trop à mon goût, quand je vois plus loin un vélo renversé d’un côté du canal, un bonhomme accroupi de l’autre côté, un chien qui aboie et un cycliste à l’air mécontent qui se fraie un chemin au milieu de tout ça.
Je ralentis, je passe à gauche du cycliste mécontent, c’était plus simple que de faire un ballet complexe pour repasser à droite et se rapprocher dangereusement du bord du canal où il n’y a aucune rambarde, comme partout d’ailleurs.
Et le cycliste mécontent de me jeter "Connard !" à la figure au passage, sans doute vexé de mon attitude anglaise et d’avoir été ralenti par l’étrange attroupement. J’en étais un peu vexé, si bien qu’en passant, j’ai mis dix secondes avant de réaliser que le drôle de cortège du bord du canal était constitué d’un labrador affolé, d’un homme accroupi et de deux bras et d’un chapeau sortant de l’eau que l’homme accroupi ne parvenait pas à hisser sur la rive. Le temps de m’arrêter, je fais demi-tour, une dame me fait signe de me dépêcher, j’arrive, et je tire sur un des bras, avec deux autres personnes arrêtées… et on sort du canal un "punk à chien" sur le retour, tout sauf sobre, et qui avait dérapé dans l’eau.
Je file le signaler aux pompiers qui étaient déjà prévenus et sur le point de partir.
Et je réalise que le gros beauf qui m’a insulté pour une broutille est passé à côté de ce pauvre bonhomme tombé à l’eau et du premier qui essayait de l’en sortir sans succès, et ne s’est pas arrêté.
J’en reste consterné. Ce monsieur qui vous donnerait des leçons de savoir-vivre à vélo, ne prend pas trente secondes de son temps pour secourir quelqu’un à l’eau.
Ceci dit, j’ai revu l’homme au chien qui a joué les sous-marins, il est toujours aussi imbibé et toujours au bord du canal. L’expérience ne l’a pas traumatisé.
Par contre, j’en conçois plus encore de pessimisme quant à l’humanité en général, et à notre société en particulier…

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L’Envie

Elle s’est faite attendre cette année, mais la voici, comme chaque année, l’envie folle des eaux bleues et limpides des Pyrénées, des pentes herbeuses, et des rochers hiératiques écrasés de soleil, mais soutenant la lutte sans faiblir jusqu’au soir.
Et plus particulièrement, cette année, je pense au rio Ara au niveau de Janovas, le village abandonné.
Plus bleue que bleu, fraîche, avec des vasques, des gouffres, des gours indescriptibles, et les restes pseudo-mégalithiques des projets fou de barrages de l’époque franquiste, c’est une rivière de rêve.
Soupirs.

Je retourne à mes manips qui foirent, à mon four qui est encore cassé et à mon poster pour le congrès US, où je n’irai même pas.
Y’a des jours, comme ça…

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