Riens de sesqüel dans ce qui va suivre (quoi que… Un freudien vous dirait que c’est une projection, eh bien qu’il aille se faire projeter ailleurs ! Non mais…).
Il se trouve qu’en face de chez moi se situe une "grande surface spécialisée", qui a pignon sur les grands boulevards de ma ville. L’imeuble qui l’abrite est immonde. Un des sommets de ce que les années 60 ont fait de pire dans le genre façade en dalles pour terrasses. Mais il se trouve aussi que la grande surface en question a racheté 80% du rez-de-chaussée de cet immeuble, ainsi que tout le parking qui se situe derrière pour que les beaufs qui viennent faire leurs courses en centre ville avec leurs voitures n’aient pas de difficultés à venir s’y approvisionner.
La semaine dernière, par curiosité, je suis allé visiter ce parking en passant, intrigué par ce mur lépreux immonde qui fait face à mes fenêtres sur un côté de mon appartement. Et là, surprise, l’intérieur est immense (on s’en doutait), avec une assez jolie structure en béton en guise de toit.
Et je me suis pris à rêver de gagner au loto (ben quoi, la différence de probabilité entre gagner en jouant ou ne pas jouer est si infime que je me prends parfois à rêver d’y gagner alors que je n’y joue pas…). Gagner au loto, disais-je, racheter cette enseigne médiocre à la devanture pisseuse faire tomber la dalle qui sépare l’espace du parking en deux étages, changer ou habiller les murs de n’importe quoi de plus avouable que ce qu’ils sont actuellement, et transformer tout cet affligeant sous-produit architectural en auditorium du XXI° siècle, avec une esthétique rappelant complètement le XIX°, velours rouge, briques, poutrelles rivetées et verrières. Réaliser ainsi un véritable auditorium au centre de cette ville qui en manque cruellement. (Ce qui existe pour le moment est assez mal adapté, même si cela a son charme).
J’entends d’ici quelque fâcheux s’exclamer "Han, mais le XIX° c’est rétro, c’est du déjà vu, c’est nul !"
Quand le snobisme le dispute à la bêtise à ce point, je ne m’abaisserai pas à répondre.
Et puis surtout, vous vous en doutez, faire trôner au milieu de la scène un énOOOOOOÔOOOOOOOrme orgue de concert, 100 jeux minimum, électropneumatique, tant qu’à faire, avec des boîtes expressives partout, le genre hyper-symphonique, mixtures bizarres, fonds sirupeux, clavier à forte pression, etc.
J’entends d’ici quelque fâcheux s’exclamer "Han, mais on peut pas jouer Bach sur ce type d’instrument !".
Je ne répondrai même pas.
Et j’y organiserais plein de concerts à bas prix voire gratuits, n’ayant pas besoin de rentabiliser le moins du monde la salle, et en faisant vivre des concertistes doués et méconnus, en faisant venir des gens très connus aussi pour que tout le monde en profite.
J’entends d’ici quelques fâcheux s’exclamer "Han, mais tu vas casser le marché !"
… Faut-il vraiment que je réponde ? …
Finalement, ils sont tellement nombreux les imbéciles qui vous gâcheraient vos fantasmes avec leurs esprits mesquins qu’on serait presque content de ne jamais pouvoir les réaliser.